L’Islam en France
La présence des musulmans sur le continent européen ne date pas d’hier, mais remonte aux premiers siècles de la période islamique. Depuis longtemps, les commerçants et les représentants politiques musulmans ont joué un rôle considérable dans la propagation et le développement de l’Islam dans le monde entier et en Europe.

Pendant leur longue présence en Europe, les musulmans ont su laisser un patrimoine culturel très précieux. Pendant les premiers siècles de la période islamique, les musulmans ont marqué leur présence, en Sicile (Italie) et en Espagne. Mais à partir de la victoire des Normands à Sicile contre les musulmans au XIe siècle, et la victoire des chrétiens en 1492 en Espagne, la présence des musulmans en Europe a diminué.
Pendant la domination des Mongols sur les pays de l’Asie centrale, la religion musulmane est devenue la religion de la majorité des habitants de ces régions. De nombreux commerçants musulmans de l’Asie centrale ont vécu dans les pays européens en tant que soldats ou commerçants, et ils ont acquis une influence importante dans des pays comme la Russie, la Finlande, la Pologne ou l’Ukraine. Leur présence a ainsi contribué au développement et à la propagation de l’Islam dans ces pays européens.
A partir de l’apparition de l’Etat ottoman, l’Islam a poursuit son développement dans les pays de l’Europe centrale et surtout dans la région des Balkans. En effet, pendant cette période, d’importantes communautés turcophones se sont développées dans des pays comme la Bulgarie, l’ex-Yougoslavie, la Roumanie, et la Grèce. Au fur et à mesure, de nombreux habitants de ces pays se sont convertis à l’Islam, et d’importantes communautés islamiques ont été formées, de sorte que dans un pays comme l’Albanie, les musulmans ont formé la majorité de la population nationale.
Aujourd’hui, une grande partie de la population musulmane du continent européen est issue de l’immigration, notamment à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1960, les pays européens ont eu besoin d'un grand nombre d'ouvriers, dans le même temps, une partie de la population des pays musulmans étaient en quête du travail. Par ailleurs, il faut souligner qu'un pourcentage important de la population musulmane en Europe est constitué par les musulmans qui ont cherché un refuge politique dans des pays européens.
L’immigration des musulmans en France a commencé avant même le début de la Première Guerre mondiale. Les musulmans du Nord de l’Afrique se rendaient en France pour y travailler comme la main d’œuvre bon marché. « En 1912, plus de cinq mille ouvriers algériens travaillaient dans des usines d’huile d’olive de la ville de Marseille, ou dans des mines et des usines situées dans les régions du sud ou du nord de la France. Suite à l’augmentation de la mortalité en France pendant la Première Guerre mondiale, le taux de l’immigration des musulmans vers la France a augmenté à son tour. Pendant la Grande Guerre, plus de deux cents mille Algériens se sont rendus en France, et 23.000 d’entre eux y sont restés pour toujours. »
Dans les années 1960, outre les Algériens et les Harkis (militaires indigènes de l’Afrique du Nord qui servait dans une milice supplétive aux côtés des Français dans l’administration coloniale en Algérie. Après la victoire de la révolution algérienne, les Harkis, bien que d’origine algérienne, ont dû quitter pour toujours leur pays et s’installer en France), des immigrés musulmans venant des pays comme la Tunisie et le Maroc se sont installés en France. Par ailleurs, des musulmans issus des pays de l’Ouest de l’Afrique dont le Mali et le Sénégal, et des musulmans venant des pays arabes ou de la Turquie se sont ajoutés à cette communauté musulmane en France.
Ce grand afflux d’immigration de musulmans en France a continué jusqu’en 1980. La plupart de ces immigrés étaient des hommes qui s’y rendaient pour travailler, et ils cherchaient toujours à amener aussi leurs familles en France. Il est à noter que pendant la période de récession et du ralentissement du rythme de croissance de l'activité économique en 1974, à l’instar des autres pays de l’Europe, la France dont la population souffrait du chômage, a essayé d’empêcher l’afflux et l’arrivée massive des immigrés, ou de les rapatrier. Mais l’absence des lois et des règlementations efficaces dans ce domaine, a amené à l’échec cette politique du gouvernement français. Avec la poursuite de l’immigration clandestine, le taux élevé de la natalité dans les familles musulmanes, et l’exception faite par la loi française en ce qui concerne l’autorisation de l’entrée des familles résidant sur le territoire français ont tous contribué à la croissance importante de la population musulmane en France. Par conséquent, malgré le chômage des millions de Français, la deuxième génération des immigrés musulmans n’a malheureusement pas trouvé une bonne situation économique au sein de la société française, et elle se sent souvent marginalisée dans ce pays.
La population musulmane de la France :
En raison de ses relations historiques avec une partie du monde arabe, la France est devenue la destination d’un grand nombre de musulmans, de sorte que la communauté islamique la plus importante de l’Europe occidentale s’est formée en France. En effet, après le catholicisme, l’Islam est devenue la deuxième grande religion de la France, car la population musulmane de la France est beaucoup plus nombreuse que celle des protestants ou des juifs. A l’heure actuelle, les musulmans représentent près de 11% de la population nationale, car selon diverses estimations, la population musulmane de la France serait entre 4 et 5, ou selon d'autres estimations, près de 8 millions d’âmes. Cette différence importante dans les estimations démographiques est due apparemment au fait qu’une tranche de la population musulmane ne fréquente pas les mosquées et n’expose pas son appartenance à l’Islam. Il faut en chercher la raison dans le fait que l’expression de la foi et des appartenances religieuses constitue malheureusement un obstacle devant l’intégration des musulmans dans la société française. Plus de la moitié de la population musulmane de la France bénéficie des droits de la citoyenneté. D’après les statistiques et les résultats des recherches menées dans ce domaine, une grande partie de la population musulmane réside dans des grandes villes comme Paris, Marseille et Lyon. Dans son livre intitulé « Paris, capitale arabe », M. Nicolas Beau écrit : « Les quartiers arabes de Paris se forment autour du boulevard Barbès et l’avenue Houches. Il y a aussi beaucoup d’Arabes qui vivent dans l’Île de France. A Paris, dans la plupart des quartiers il y a des cafés fréquentés par des Libanais riches ou des ouvriers algériens et marocains. De nombreux Arabes vivent sur les deux rives de la Seine. Une forte ambiance arabe règne sur les deux rives du fleuve. Depuis longtemps, beaucoup d’Arabes se sont installés dans la capitale française, des Marocains, des Egyptiens, des Syriens, des Irakiens, des Libanais, et surtout des Algériens. Avec leur présence marquante, Paris est devenu un centre arabe important de toute l’Europe. »
Les droits des musulmans et le point de vue du gouvernement français :
Le projet du gouvernement français concernant les membres de la communauté musulmane consiste à les faire intégrer dans la société française. En réalité, il s’agit de valoriser l’identité française, et de la faire passer avant la foi religieuse et l’appartenance à la culture islamique. Il est à noter qu’à l’instar du gouvernement français, les musulmans qui vivent en France n’ont généralement pas une vision positive en ce qui concerne les fondamentalistes algériens, mais dans le même temps, ils s’opposent majoritairement au soutien qu’accorde le gouvernement de Paris au régime des militaires en Algérie. Cependant, pour l’opinion publique française, l’Islam serait lié au fondamentalisme religieux. Selon les résultats d’un sondage d’opinion effectué en France, deux tiers des Français croient qu’il existe des liens entre l’Islam et le fanatisme religieux.
Tandis que les musulmans de France respectent la loi et les valeurs de la République, la majorité de l’opinion publique française croit que les immigrés musulmans sont différents des immigrés d’autres nationalités comme les Polonais, les Portugais ou les Juifs qui se sont émigrés en France bien avant les musulmans. L’idée reçue en France consiste à croire qu’il est impossible pour les musulmans d'intégrer dans la société française.
Pendant ces deux derniers siècles, la France a essayé, plus que les autres pays de l’Europe, à faire intégrer ses immigrés étrangers. Cette politique de la France est diamétralement différente de celle des pays comme l’Allemagne ou la Grande Bretagne. En Allemagne, la politique générale du gouvernement consiste à rapatrier les immigrés musulmans, tandis qu’en Grande Bretagne, le gouvernement a préféré ignorer les musulmans. Seule la France a essayé, pendant ce temps-là, à faire intégrer les immigrés musulmans dans la société chrétienne de ce pays. Comme nous l’avons déjà indiqué, l’objectif de cette politique du gouvernement est d’insister sur l’identité française des citoyens, et de la faire passer avant la foi et les croyances islamiques. Dans ce cadre, le gouvernement français respecte la nécessité de la formation des oulémas, ainsi que le régime alimentaire halal des musulmans, conformément à la charia, dans l’armée et dans les prisons. Dans les secteurs de l’industrie et du commerce, certaines facilités ont été prévues pour que les employés musulmans puissent pratiquer leurs prières quotidiennes et leurs obligations religieuses. Chaque année, près de trente mille musulmans français se rendent à la ville sainte de la Mecque pour participer aux cérémonies annuelles du Hadj. « Il y a parmi les musulmans de France, des gens qui ont considéré la France comme leur patrie, et ont risqué leur vie pour la victoire de la France. En effet, au sein de l’armée française, les militaires musulmans ont une organisation cohérente et bien connue. Certains musulmans ont même préféré changer leur nom arabe pour prendre des noms français. A titre d’exemple, Edouard Billiez est un musulman qui a changé son nom islamique et il est devenu le président d’une chaîne de télévision. Il y a aussi des musulmans qui sont devenus ambassadeurs de France dans des pays étrangers. Selon certaines statistiques, chaque année, plus de deux cents musulmans abandonnent leurs noms arabes et islamiques et se choisissent des noms français, en espérant qu’ils puissent ainsi obtenir des postes plus importants ou acquérir des situations professionnelles et sociales plus élevées. »
Les Arabes résidant en France s’occupent en général des professions et des métiers manuels, et ils comptent parmi les groupes sociaux les moins favorisés et les plus pauvres. Pendant ces dernières décennies, avec l’augmentation accrue du taux de chômage en France, les musulmans en étaient souvent parmi les premières victimes, cependant le parti Front National (extrême droite) dirigé par Jean-Marie Le Pen a toujours prétendu que la présence des immigrés étrangers en France serait l’une des principales raisons du chômage des Français. Le Front National a toujours essayé d’exploiter cette thèse dans ses activités politiques et électorales.
« En France, les lois sociaux et le code du travail séparent, heureusement, la question de la religion et le droit au travail. En d’autres termes, la religion n’est pas prise en compte dans l’emploi. Par conséquent, tous les citoyens et tous les résidants sont égaux devant le code du travail et peuvent avoir des professions et des métiers différents. Pourtant, il faut rappeler que dans les années 1930, à l’époque où des partis nationalistes et fascistes avaient dominé des pays comme l’Allemagne et l’Italie, certains groupes nationalistes ont essayé en France de prendre des décisions similaires. Ils ont même réussi à obliger le gouvernement à approuver la loi portant sur le statut des minorités. Mais cette loi a été abrogée. »
Parmi les Arabes et les musulmans résidant en France, certains possèdent leurs petites sociétés et entreprises actives dans le domaine du commerce ou des services. Sur le plan culturel, plusieurs organisations et associations culturelles dépendantes des Arabes sont actives en France. A l’heure actuelle, cinq stations de radio diffusent des émissions en langue arabe, tandis que quelques chaînes de télévision arabes ont été créées dans ce pays. Malgré ces efforts culturels, les Arabes s’intègrent au fur et à mesure dans la société française, et prennent pour modèle les valeurs et le mode de vie français. Nombreux sont les hommes musulmans qui préfèrent aujourd’hui se marier avec des femmes françaises, et les femmes musulmanes qui préfèrent épouser des hommes français.
Les Arabes français n’ont pas le droit d’occuper des postes militaires importants au sein de l’armée et des forces armées. De même, ils n’ont pas accès à certains postes et activités politiques. Ceci étant dit, ils ont été conduits à croire qu’ils devraient plutôt s’occuper des activités qui ne serviraient qu'à assurer leur subsistance. Dans ce domaine, M. Mohammad Bechari, président de l’Institut des musulmans de France, indique que les Arabes qui vivent en France, se sont intégrés au fur et à mesure au sein de la société française, et qu’ils s’éloignent de plus en plus de leurs origines et leurs valeurs d’antan. Il pense que cette tendance généralisée est devenue un véritable danger menaçant l’identité culturelle et sociale des Arabes qui résident en France. D’après M. Mohammad Bechari, il existe de nombreuses raisons pour ces problèmes culturels au sein de la communauté musulmane de la France. Parmi ces problèmes, nous pouvons mentionner ici le fait que les immigrés ont besoin des autorisations officielles pour vivre et travailler dans ce pays. Par ailleurs, l’absence d’une référence religieuse crédible et respecté par tous les musulmans, constitue un autre problème de la communauté islamique. Et enfin, il faut souligner le danger de la propagation des pensées matérialistes qui renforce la tendance, parmi les Arabes et les musulmans, à se donner à l’individualisme et aux désirs charnels.
« Après les attentats à la bombe survenus en 1986, et la tenue d’une manifestation contre Salman Rushdie à Paris, Place de la République, les Français ont compris que les musulmans de France ne sont pas des immigrés prêts à tout sacrifier pour s’intégrer dans la société française. De 1991 à 1992, le nombre des associations et des organisations islamiques a augmenté en France de 1050 à plus de 2000. Cela montre que de nouvelles activités prennent forme parmi les immigrés musulmans. »
Le 23 novembre 1997, M. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur a prononcé un discours qui reflétait très bien le point de vue général du gouvernement français à l’égard des musulmans de France. En tant que responsable officiel des affaires religieuses et des cultes en France, Jean-Pierre Chevènement avait déclaré que l’absence d’un « interlocuteur légitime et légal» de la part de la communauté musulmane de la France avait créé des problèmes dans les relations entre l’Etat et les musulmans. Il avait estimé cependant que ce problème pourrait être résolu. L’ancien ministre français de l’Intérieur avait annoncé que le gouvernement s’abstiendrait d’imposer son point de vue aux musulmans et qu’il ne soutiendrait pas ses candidats favoris aux élections, qui devraient être organisées par les musulmans eux-mêmes. Jean-Pierre Chevènement avait ensuite promis aux musulmans de la France d’examiner minutieusement les propositions qui lui avaient été faites dans ce domaine. En adoptant cette position, le ministre français de l’Intérieur a pris, en fait, ses distances avec son prédécesseur, Pierre Joxe, qui avait fondé plus tôt une commission, chargée d’examiner la situation des musulmans en France. Jean-Pierre Chevènement a demandé aux musulmans de la France de l’aider pour que les bases solides d’une relation normale et naturelle entre l’Islam et l’Etat français soient fondées, par une coopération réciproque.
Dans ce droit fil, l’ancien ministre français de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement avait déclaré : « Sur la table de la république, il y a de la place pour l’Islam. Il ne s’agit pas seulement d’un droit et de son recouvrement pour les musulmans, car c’est également une grande chance à la fois pour les musulmans et pour la France, afin qu’il y ait en France un Islam moderne et progressiste. Ce n’est pas bon pour les musulmans de se réunir dans des endroits inconvenables pour prier, car de tels endroits ne sont absolument pas à la hauteur des croyances religieuses des musulmans. La République française ne serait fidèle à l’ensemble de ses valeurs, que lorsqu’elle rejettera toutes sortes de discrimination à l’encontre de ses citoyens musulmans. » A la fin de son discours, l’ancien ministre français de l’Intérieur avait annoncé qu’il était en train d’examiner la possibilité de la création d’un organe chargé de réunir des documents et d'effectuer des recherches, permettant de mieux connaître et de mieux faire connaître l’Islam et les musulmans.
Les mosquées et les centres islamiques :
Selon les lois en vigueur en France, les adeptes de toutes les religions sont libres de pratiquer leur foi et d’exercer leur culte, cependant, le gouvernement ne tient pas, selon la loi, à consacrer des aides ou des assistances financières ou institutionnelles aux groupes religieux. Ceci étant dit, conformément aux lois, les musulmans de la France, moins que les adeptes des autres religions, n’ont aucune chance pour d'obtenir des aides et des assistances de la part du gouvernement. « Selon les lois en vigueur en France, et dans le cadre des libertés légales dans ce pays, les musulmans de France ont procédé au fur et à mesure à créer leurs organisations, et leurs associations religieuses ou non religieuses. Jusqu’en 1976, plus de vingt associations islamiques avaient été fondées en France. »
Sur le territoire français, il existe près de huit grandes mosquées parmi lesquelles nous pouvons mentionner la Grande mosquée de Paris, la mosquée de la rue Polonceau, la Mosquée Al-Dawouah, la mosquée de Lyon, la mosquée Gallieni, la mosquée Belal, la mosquée Abou Bakr et la mosquée Omar. A cela, il faut ajouter aussi une centaine de salles de prière, plus ou moins décentes, ainsi que des petites salles de prière qui se créent occasionnellement dans les commerces, les maisons, les ateliers ou des lieux de travail, partout en France (en général, il y a plus de 1500 lieux de culte, et ce alors qu’en 1970, les musulmans de la France n’en disposaient que 33).
Bien que les musulmans manifestent un très grand intérêt à la construction de nouvelles mosquées en France, il faut souligner que les difficultés administratives y créent des obstacles majeurs. C’est la raison pour laquelle, les musulmans tendent souvent à se contenter de leurs petites salles de prière de fortune.
La grande mosquée de Paris :
La grande mosquée de Paris a été construite en 1926 pour rendre hommage aux soldats musulmans qui avaient sacrifié leur vie pour la République française, pendant la Première Guerre mondiale. La grande mosquée de Paris se situe dans un quartier populaire de la capitale française, habités par des pauvres. Jusqu’en 1957, la mosquée était dirigée par des Français. Mais la même année, un Algérien répondant au nom de « Hamza Boubacar a été nommé recteur de la grande mosquée de Paris. Hamza Boubacar a pris sa retraite en 1982, et il a annoncé officiellement qu’à partir de cette date, le gouvernement algérien serait responsable de la gestion de la grande mosquée de Paris.
En ce qui concerne le leadership de la communauté des musulmans de la France, il a toujours existé une concurrence ouverte entre la grande mosquée de Paris d’une part, et la Fédération nationale des musulmans de France, de l’autre. Cette dernière a des relations très étroites avec l’Union islamique et l’Arabie saoudite. Dans cette rivalité de pouvoir, il paraît que la grande mosquée de Paris a réussi à obtenir certains avantages, d’autant plus qu’elle bénéficie du soutien du gouvernement français.
Selon des observateurs, étant donné la situation intérieure de l’Algérie, le gouvernement français préférait que la grande mosquée de Paris se transforme en une « vitrine historique de l’Islam modéré ». L’Etat français comptait sur la grande mosquée de Paris pour la réalisation de ce projet. L’objectif de ce plan était de permettre au gouvernement français de pouvoir contrôler la situation à l’intérieur du pays, au cas d’une éventuelle victoire du Front du salut islamique en Algérie, afin que la France puisse réagir convenablement aux réactions qu’une telle victoire pourrait entraîner à l’intérieur de la France. Paris souhaitait pouvoir gagner des avantages qu’il pourrait utiliser plus tard pour demander le droit de retour des dirigeants politiques algériens à leur pays, au cas où ces derniers demanderaient l'asile politique à l’Etat français.
La grande mosquée de Lyon :
En septembre 1994, une autre grande mosquée a été fondée officiellement à Lyon, deuxième grande ville de la France. Le gouvernement de l’Arabie saoudite s’était chargé de fournir le financement nécessaire pour la construction de cette mosquée. Avant l’inauguration officielle de la grande mosquée de Lyon, une polémique s’est déclenchée entre les musulmans et les non musulmans de la ville de Lyon, ainsi que les responsables officiels de la ville, en ce qui concernait la hauteur du minaret de la grande mosquée de Lyon. Finalement, les musulmans ont accepté que le minaret de leur mosquée soit moins haut par rapport à la hauteur prévue dans les plans. Ils ont également accepté que ce minaret ne soit pas utilisé pour faire l’appel à la prière.
Le ministre français de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua avait participé aux cérémonies d’inauguration officielle de la grande mosquée de Lyon. Sa présence avait été qualifiée de significative. Lors d’un discours au cours de ces cérémonies, Charles Pasqua avait dit : « Désormais, nous avons besoin d’un Islam français, et les musulmans de ce pays doivent s’engager à ne jamais commettre une action qui serait contraire aux lois et aux règles de la République. »
La mosquée Ad Dawa:
La mosquée Ad Dawa se trouve dans le 20ème arrondissement de Paris, et elle est appelé parfois la moquée de Stalingrad à cause du nom de la gare du métro qui se trouve à sa proximité. Un grand nombre des habitants de ce quartier sont musulmans. La mosquée Ad Dawa est la plus grande mosquée de la capitale française, cependant son plan architectural est tel que, malgré sa superficie importante, elle n’est pas très spectaculaire. Au début des années 1980, le dépôt qui se trouvait sur ce terrain a été racheté par le financement assuré par le gouvernement de l’Arabie saoudite.
L’imam de cette mosquée est l’algérien Al-Arabi al-Kashat. Quant à ses positions politiques, il est opposé au régime militaire en Algérie et il soutient le mouvement islamique de l’Algérie. Cependant, l’imam de la mosquée Ad Dawa s’oppose à la violence révolutionnaire. Il participe souvent aux débats organisés entre les musulmans et les chrétiens, et prône un Islam tolérant. En ce qui concerne la solution des problèmes auxquels sont confrontés les musulmans de France, Al-Arabi al-Kashat estime que les musulmans ne peuvent pas nier ou rejeter leur identité islamique. A ce propos, il dit : « Heureusement, la religion musulmane ne nous empêche pas de nous adapter avec les normes et les règles de la société dans laquelle nous vivons. L’Islam en France est différent de ce qu’il est en Egypte ou en Algérie. »
Outre les mosquées qui ont un rôle important à jouer dans la propagande et la communication, il convient aussi de mettre l’accent sur le rôle important que jouent les librairies dans ce domaine. Les librairies islamiques publient et diffusent des livres et des ouvrages islamiques dans divers domaines, notamment dans les mosquées et les centres islamiques, partout en France, mais surtout parmi les jeunes musulmans qui vivent à Paris et dans ses banlieues. Ainsi, ces librairies se chargent d’une grande responsabilité. L’union islamique Clichy à Paris publie des ouvrages sur diverses questions religieuses, et dans le même temps, elle s’intéresse dans ses publications à la situation politique des pays islamiques.
Le Conseil français du culte musulman :
En 1990, Pierre Joxe, alors ministre français de l’Intérieur, a décidé de fonder un conseil d’études islamiques en France. Il a réalisé son projet sans en faire une affaire médiatique. L’objectif de son projet était d’instaurer une institution pour répondre à deux exigences principales : en premier lieu, il s’agissait de créer une convergence entre les points de vue des musulmans de France, et la philosophie de la République. Dans ce cadre, ledit conseil a examiné la possibilité et les modalités du respect du régime alimentaire halal des musulmans aux hôpitaux, aux prisons, etc., ainsi que la tenue des fêtes religieuses islamiques, la régularisation de l’abattage islamique, et la construction des cimetières pour les défunts musulmans. En second lieu, le gouvernement français cherchait à réaliser un but très important : il s’agissait de la possibilité, pour l’Etat français, de contrôler les mosquées et les organisations islamiques par le biais de la nomination des imams des mosquées et des dirigeants des lieux de culte islamiques. Par conséquent, le Conseil français du culte musulman a été fondé et reconnu par le gouvernement français en tant que l’organe central de la représentation des musulmans de France, à l’instar du conseil de la représentation des organisations juives en France.
Dès sa fondation, le Conseil français du culte musulman s’est vu défier par une série d’organisations islamiques dont la très puissante Fédération nationale des musulmans de France. Par ailleurs, les membres du Conseil français du culte musulman étaient des personnalités qui avaient souvent des passés controversés. La composition initiale du conseil a été fixée par l’ancien ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe. Son choix n’était pas fondé sur l’importance et le poids de différentes composantes de la communauté musulmane de la France, mais sur la notoriété des personnalités désignées. En effet, aucun des membres de ce conseil n’était réellement une personnalité religieuse dans le sens exact du terme. Parmi les membres dudit conseil, figuraient le nom d’un français converti à l’Islam, les représentants de l’Association des « Bien pensants », et surtout Tajini Hadam, ancien recteur de la grande mosquée de Paris, et enfin l’ancien ambassadeur d’Algérie en Arabie saoudite.
En janvier 1992, Tajini Hadam a été désigné en tant que membre d’un comité exécutif qui avait pris le pouvoir en main en Algérie. Cette démarche a entraîné la vive protestation du Conseil français du culte musulman. Par conséquent, le Conseil a décidé de le limoger et de donner son poste à un Français converti à l’Islam, Yaqoub Roti. Mais finalement, c’était Dalil Boubacar, fils de l’ancien recteur de la grande mosquée de Paris, qui a été désigné au poste de président du Conseil français du culte musulman.
Les organisations islamiques de la France :
1- L’Union des organisations islamiques de France :
L’Union des organisations islamiques de France a été fondée en 1983. Il s’agit d’une coalition regroupant les associations et les organisations islamiques locales. Bien que le siège de l’Union des organisations islamiques de France se situe à Paris, elle est très active dans les régions de l’est et du centre du pays. Une trentaine d’associations islamiques soutiennent pleinement les prises de position de l’Union des organisations islamiques de France, et elles consacrent régulièrement 10% de leurs revenus à cette union. Par ailleurs, il y a près de cinquante associations islamiques qui ont adhéré à cette union, y consacrant 5% de leur capital.
Chacune des organisations membres a le droit de voter au conseil exécutif et au conseil d’administration de l’Union des organisations islamiques de France. En 1990, les membres du conseil d’administration étaient d’origine marocaine, tunisienne, libanaise, irakienne et française. Outre les aides des associations locales, l’Union des organisations islamiques de la France profite aussi du soutien financier de la Ligue mondiale des musulmans et des donateurs de divers pays arabes, dont et surtout l’Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats Arabes Unis.
Bien que les dirigeants de cette union soient sous l’influence idéologique des mouvements fondamentalistes de l’Egypte, et de la Tunisie, ils ne participent pas du tout aux activités politiques en France. En fait, l’objectif principal de l’Union des organisations islamiques de France consiste à développer et à propager la culture islamique, en se servant des moyens et des instruments légaux, en aidant les musulmans de France à pratiquer leurs cultes religieux.
Les dirigeants de l’Union des organisations islamiques de France soutiennent les associations islamiques locales surtout leurs activités religieuses et leurs programmes éducatifs. A titre d’exemple, la commission éducative de cette union offre des livres aux associations locales pour faciliter l’enseignement du noble Coran et la langue arabe. Cette commission élabore aussi des méthodes d’enseignement pour les enfants musulmans en France. Son objectif consiste à soutenir, ainsi qu'à éduquer les enfants musulmans, pour qu’ils apprennent à résister face aux séductions du mode de vie occidental. Pour réaliser cet objectif, les responsables de l’Union des organisations islamiques de France organisent chaque année des camps de loisir pour les enfants, qui peuvent y participer aux cours d'enseignement du noble Coran. Près de 600 familles musulmanes participent à cette activité collective.
A la fin de 1991, l’Union des organisations islamiques de France a fondé la première école spécialisée pour la formation des étudiants en sciences théologiques, financée par l’Arabie Saoudite. Pendant la première année des activités de cette école, seuls sept étudiants ont participé aux cours. Aucun de ces étudiants n’était français.
L’Union des organisations islamiques de France soutient aussi le principe de l’Islam dans ce pays en favorisant la connaissance générale sur cette religion. Par exemple, elle a essayé d’obtenir auprès du ministère français de l’Intérieur, l’autorisation pour les femmes musulmanes de s'exposer avec le voile islamique sur la photo de leur carte d’identité. L’union soutient également le droit des jeunes filles musulmanes à conserver leur voile à l’école. En outre, l’Union des organisations islamiques de France a organisé une conférence sur l’Islam à Paris. Près de cinq mille personnes ont participé à cette conférence et se sont échangés leurs points de vue sur diverses questions liées à l’Islam en France et dans le monde.
L’Union des organisations islamiques est l’une des coalitions les plus importantes des associations islamiques en France. L’existence de telles unions et coalitions montre la nécessité en France de trouver des réponses associatives aux demandes et aux revendications de la population musulmane. Par ailleurs, cette tendance associative montre l’intérêt que portent les musulmans de France à participer directement aux activités politiques et sociales.
2- Al-Tabliq et Ad Dawa:
Cette organisation est connue plutôt sous le nom de l’Organisation de l’acte et de la foi. Elle a été fondée en 1927 en Inde, et son bureau de représentation en France a été ouvert en 1972. Cette organisation est dirigée par le Tunisien Mohammad Hamani, âgé de 60 ans. Le siège de cette organisation se situe à la mosquée Omar, rue Jean-Pierre Thimbu à Paris. L’organisation est financée par l’Arabie Saoudite, les pays arabes du Golfe Persique et le Pakistan. Cette organisation est pour un Islam simple et accessible aux ouvriers musulmans, et joue un rôle considérable dans l’islamisation de la communauté des musulmans de France. Son personnel est formé de bénévoles qui organisent les séminaires coraniques et les programmes de pèlerinage et du Hadj.
3- La fédération nationale des musulmans de France :
Cette fédération a été fondée en 1985 sous l’égide de la Ligue mondiale de l’Islam. La fédération nationale des musulmans de France réunit plus d’une centaine d’unions, d’organisations et d’imams de mosquée. Cette fédération est dirigée par M. Mustapha Dogan, âgé de 38 ans, un Français d’origine turque. Le Centre européen des études et des recherches islamiques (Cerisi) finance les activités et les programmes de cette fédération. Les Français convertis à l’Islam adhérent souvent à cette fédération, comme Youssef Leclerc, qui était d’ailleurs le président de la fédération nationale des musulmans de France en 1989.
4- La fédération des associations islamiques de l’Afrique, des Comores et des Antilles :
Le directeur de la fédération des associations islamiques de l’Afrique, des Comores et des Antilles est un professeur français d’origine sénégalaise, répondant au nom d’Amadou Drame. Cette fédération et ses militants prônent un Islam paisible et mystique, tel qu'il est souvent pratiqué en Afrique. Cette fédération est surtout active à Paris, Toulon et Marseille. Le gouvernement sénégalais assure une partie du financement des activités de cette fédération, et le reste est fourni par les musulmans en France, par le biais des 47 mosquées et 13 écoles coraniques qui sont attachées à cette fédération.
5- L’Associations des étudiants musulmans de France :
Dans les années 1960, un mouvement d’éveil islamique est apparu au fur et à mesure parmi les étudiants français d’origine musulmane. Au niveau national, la coalition des groupes islamiques, comme l’Association des étudiants musulmans de France, était en train de se former. L’objectif de cette association estudiantine était d'approcher les musulmans d’origines différentes les uns avec les autres. Cependant, la majorité des membres et des militants de cette association étaient d’origine marocaine.
6- Le Groupe islamique de la France :
En 1979, un étudiant tunisien a quitté l’Association des étudiants musulmans de France, pour créer une autre organisation à Valence (nord de la France), organisation qu’il a baptisée le Groupe islamique de la France. Le but de ce Groupe était d’organiser des séminaires islamiques pour les ouvriers musulmans issus d’immigration. En effet, ce groupe était influencé, sur cette voie, par "l’Association de la propagande islamique" (Organisation transnationale de l’Asie du Sud). Sur le plan idéologique, ce groupe était fortement marqué par les courants islamiques contemporains dans les pays musulmans du Moyen-orient, dont les "Frères musulmans" égyptiens. Par conséquent, le Groupe islamique de la France avait de fortes tendances politiques.
En ce qui concerne les objectifs du Groupe islamique, Gilles Kepel a écrit : « Il se donnait pour mission de déclencher un mouvement de rééducation théorique, par le biais de l’organisation des conférences, des séminaires, et des activités sociales, afin que les musulmans de France goûtent de nouveau la douceur de vivre selon la charia islamique. » Le comité central de ce groupe s’est installé à Paris en 1981. Les activités et les programmes du Groupe islamique de la France sont officiellement financés par les membres et les militants.
Parmi les activités de ce groupe figurent : la publication d’un calendrier islamique, la tenue des congrès et des conférences annuels sur l’Islam en France, l’organisation d’une exposition de livres islamiques, et l’organisation des voyages à la Mecque, durant la période du pèlerinage annuel du Hadj. Ces activités permettent à ce groupe de financer ses activités culturelles et sociales. Au-delà des activités purement religieuses, les leaders et les membres de ce groupe participent aussi à de nombreuses activités culturelles et sociales dont les activités sportives. Pour renforcer le sentiment de solidarité parmi les ouvriers musulmans de la France, ce groupe encourage ses membres à organiser des visites collectives aux hôpitaux et dans les prisons.
Les autres organisations islamiques de la France :
- Les groupes dépendant du mouvement tunisien Al-Nahdah ;
- l’Association d’amitié des Algériens de France ;
- La Ligue des femmes musulmanes de France ;
- Les groupes chiites proches de l’Iran ;
- L’Union des jeunes musulmans, fondée en 1987.
Parmi ces groupes et associations, l’Union des organisations islamiques de France et la Fédération nationale des musulmans de France, sont membres du Conseil français du culte musulman qui a été fondé en 1990 par Pierre Joxe, alors ministre français de l’Intérieur, pour devenir l’organe représentatif des musulmans de la France.
L’éducation et l’enseignement islamiques :
En France, il n’existe pas d’école officielle islamique. Cependant, selon des lois approuvées au début du XXe siècle, les groupes religieux ont le droit de fonder leurs écoles, sans bien sûr obtenir d’aide financière de la part du gouvernement français. Pourtant, la majorité des musulmans de France préfèrent inscrire leurs enfants dans des écoles et des établissements scolaires publics, surtout pour bénéficier des avantages économiques et financiers de l’Enseignement public qui n’impose aucun frais important aux familles. Par conséquent, les enfants musulmans vont aux écoles laïques, où il n’y a aucun cours islamique, et où les programmes scolaires se limitent à la présentation de l’histoire des religions. Par ailleurs, dans les établissements scolaires publics de la France, les signes ostentatoires des appartenances religieuses ont été interdits par la loi, ce qui se traduit par l’interdiction du port du voile islamique pour les jeunes filles musulmanes. Or, le nombre des écoliers et des lycéens musulmans enregistre un taux de croissance convenable. Selon les statistiques, la majorité des enfants musulmans étudient dans huit régions sur l’ensemble des 25 régions françaises. D’après les statistiques de 1980, 40% des enfants musulmans étudiaient dans 20 écoles et lycées parisiens.
Vers la fin des années 1980, la plupart des mosquées de la France ont inauguré des cours islamiques pour les jeunes enfants et les adolescents. Pour les enfants d’origine nord-africaine, ces cours comprennent la langue arabe, le Coran et la charia. Dans les années 1970, l’enseignement de la langue arabe avait déjà commencé officiellement à la grande mosquée de Paris. Dans le même temps, le consulat du Maroc à Paris, avait organisé des cours de la langue arabe pour les jeunes enfants musulmans.
Il convient ici de parler aussi de la position des milieux universitaires par rapport à l’Islam. Depuis quelques années, un débat est en cours en ce qui concerne la possibilité de la fondation des disciplines islamiques dans les universités d’un pays laïc qu’est la France. Le 20 décembre 1995, le président de l’Université de Strasbourg avait, par exemple, proposé la création d’une discipline de la jurisprudence islamique. Son plan a fait l’objet d’un débat entre les partisans et les détracteurs d’une telle démarche. Parmi les partisans figurait le nom de M. Etienne Trocmé, ancien doyen de la faculté des sciences humaines de l’université de Strasbourg, chargé de préparer un rapport à ce sujet. Dans son rapport, il avait écrit : « L’application du plan de l’enseignement de la jurisprudence islamique à l’Université nous permettra de neutraliser le danger de l’extrémisme et de la dépendance aux pays étrangers dans ce domaine, car même les imams des mosquées pourront profiter de ces cours à l’université. » Parmi les opposants figurait le nom du philosophe et célèbre spécialiste français des religions, Marc Philonenko, selon lequel l’application de ce plan pourrait transformer l’université en une scène de développement de différentes tendances politiques islamistes. M. Gilles Kepel, célèbre islamologue français et directeur de recherches au Centre nationale des recherches scientifiques (CNRS) et auteur de plusieurs livres sur la situation des musulmans en France, a dit, lors d’un entretien publié dans le journal Le Monde : « Il faut créer la distance nécessaire entre l’enseignement scientifique des religions, et l’enseignement direct d’une religion, car le premier nécessite une vision indépendante par rapport aux systèmes des croyances dans la religion. Cela est en contradiction avec l’esprit de laïcité qui règne dans les universités françaises. L’université doit enseigner les sciences et non pas les croyances. »
En conclusion, nous insistons sur le fait que la population musulmane de la France constitue une grande minorité au sein de la société française, et que l’Islam est la deuxième grande religion de ce pays après le catholicisme. Or, la population musulmane, surtout les jeunes, souffre d’une grave crise identitaire. Elle est en quête de réponses efficaces à ses nombreuses questions, mais cette recherche amène souvent les musulmans vers une sorte d’opposition ou de contradiction avec les principes fondamentaux de la société française. Ces contradictions créent naturellement des tensions. Le gouvernement français exprime ses inquiétudes à cet égard, et souhaite que le projet de « l’Islam de France » puisse permettre de résoudre le problème de l’intégration de la minorité musulmane dans la société française.
Mis à jour (Lundi, 12 Juillet 2010 17:40)













